Pour ce trente-deuxième épisode, mon invitée est Léonie Massot Floury, dessinatrice et tatoueuse. Le dessin a toujours fait partie de sa vie, dès l’enfance. Après un bac option théâtre, elle s’est tournée vers une fac d’arts plastiques. Mais cette façon d’aborder la pratique artistique ne lui convenait pas, et elle a arrêté au bout de quelques mois pour se tourner vers des études en communication interculturelle et sociolinguistique. Nous avons parlé des blocages auxquels elle a parfois fait face dans sa pratique du dessin, et de son rapport aux couleurs et aux différents médiums qu’elle utilise. Depuis quelques mois, elle suit une formation en tatouage, et nous avons pu discuter de ce qu’elle y apprend, ainsi que de sa vision ambivalente de ce milieu parfois fermé. Elle m’a également parlé de son désir d’illustrer et de faire de la bande-dessinée, et de son parcours d’artiste autodidacte. J’espère que cet épisode vous plaira. Bonne écoute!
Vous pouvez retrouver Léonie sur instagram sous le pseudo @leoniemassotfloury pour son travail artistique, et sous le pseudo @rainette.ttt pour ses tatouages.
Pour découvrir un peu plus son travail, voici des dessins et des tatouages !
Pour ce vingt-neuvième épisode, mon invité est stc019, dessinateur et auteur de bande-dessinées. Son intérêt pour le dessin est une continuité de sa pratique d’enfant. Issu d’un milieu ouvrier, c’est au fil de ses rencontres qu’il a su où s’orienter, se dirigeant d’abord vers un bac STI Arts Appliqués puis vers l’école des Beaux Arts d’Angoulême. Étant d’abord intéressé par l’écriture de romans en parallèle de sa pratique du dessin, il a commencé à faire de la bande-dessinée durant ses études. Nous avons parlé de ce qu’il aime particulièrement dans ce médium et de l’inspiration qu’il trouve d’abord à travers la création de ses personnages. Il m’a également raconté la manière dont a été reçue sa transidentité à l’école, notamment à travers son mémoire de fin d’études sur la BD trans. Scotty a une présence en tant qu’artiste sur les réseaux sociaux depuis plusieurs années ; nous avons donc discuté de son avis sur cette vitrine artistique, des bonheurs et des soucis qui peuvent en découler. Nous avons également parlé de sa passion récente pour le tricot, une pratique qu’il a commencé en autodidacte et qui lui plaît énormément.
J’espère que cet épisode vous plaira. Bonne écoute!
Pour ce vingt-sixième épisode, mon invitée est Maïc Batmane, graphiste et dessinatrice. Son intérêt pour le dessin s’est développé dans l’enfance. Elle a pu étayer cette pratique dans les Ateliers de dessins de sa ville, qui l’ont accompagnée jusqu’à la fin de l’adolescence. Après le lycée, elle a fait deux années de classe préparatoire aux Ecoles d’Art avant d’intégrer l’Ecole des Arts Décoratifs de Paris. Ses années d’études ont été mouvementées, notamment en raison de son intérêt grandissant pour le féminisme et le militantisme queer, qui était peu compris de son entourage scolaire et familial. Après une courte errance de sortie d’école, elle a eu un premier poste de graphiste salariée, mais le manque de créativité et de diversité des projets ne lui convenait pas. Elle s’est alors lancée en freelance, travaillant pour des associations. Mais au fil des mois, elle s’est rendu compte que sa pratique créative personnelle, qu’elle avait abandonnée durant ses études très prenantes, lui manquait. Elle s’est alors remise à créer, d’abord à travers le collage puis par la sérigraphie, un médium dans lequel elle s’est pleinement épanouie. Nous avons parlé de son inspiration et de son envie de partager ses oeuvres, stimulée par le désir de partager des images fortes avec d’autres personnes queer qui puissent s’y reconnaître. Elle m’a expliqué le lien entre son histoire familiale et la présence forte d’imagerie religieuse dans ses dessins. Nous avons également discuté de son travail de graphiste, qui lui plaît beaucoup, et de son avis ambivalent sur la précarité du statut de l’artiste dans notre société.
Pour vous faire découvrir un peu plus son travail, voici quatre de ses oeuvres :
Les Sources > dessin, impression riso 5 couleurs Familier > dessin aux stylos Bic & Stabilo I Want to Believe > dessin, impression sérigraphie 1 couleurSainte Wilgeforte > dessin, impression sérigraphie 2 couleurs
En bonus, Maïc vous raconte l’histoire de la Sainte Wilgeforte : « Wilgeforte est une sainte légendaire de la tradition catholique, également invoquée dans le nord de la France sous le nom de « Sainte Débarras ». Elle fut une sainte très populaire dans certaines régions d’Europe. Récits et représentations la dépeignent sous les traits d’une vierge barbue et crucifiée, alors que la crucifixion était réservée aux hommes. Sa barbe était le résultat de ses prières pour échapper, selon les différentes légendes, au viol collectif, au mariage forcé ou à l’inceste de son père. Elle était celle que l’on invoquait, entre autres choses, pour se débarrasser d’un époux ou d’un « mariage malheureux ». Son (sur)nom dans les différentes langues : Débarras, Uncumber (« désencombrer »), Librata, Liberada… évoquent tous l’idée de débarras ou de libération. On sait aujourd’hui que son existence est purement légendaire, et il existe différentes suppositions sur les origines du culte de ce « Christ féminin » vers le 14e siècle, vous pouvez en lire plus à la page que je lui consacre : http://www.maicbatmane.fr/sainte-debarras-sainte-wilgeforte Sainte Wilgeforte était fêtée le 20 juillet jusqu’à son retrait du martyrologe romain en 1969, l’Église n’ayant jamais encouragé son culte. Elle est une figure de l’androgynie, du travestissement, et du refus de l’hétérosexualité. »
Pour ce vingt-cinquième épisode, mon invitée est Hany, peintre et dessinatrice. Ayant grandi dans un environnement où l’art faisait partie de son quotidien, entre musique et peinture, il lui a semblé naturel de s’exprimer par le dessin. Au moment de choisir son parcours d’études, elle a hésité à tenter une école de Beaux-Arts mais a finalement choisi de se diriger vers une licence en arts du spectacle. Elle a alors quitté sa Réunion natale pour aller étudier à Paris VIII. Cela lui a permis de travailler avec des compagnies de théâtre en tant que médiatrice culturelle, chargée de diffusion ou encore chargée de production. Mais petit à petit, elle s’est rendu compte que cette immersion dans les arts de la scène l’avait peu à peu déplacée de sa pratique du dessin. Elle s’est alors remise à dessiner et à peindre, toujours en autodidacte. Nous avons parlé de son inspiration et des techniques qu’elle utilise, mais aussi de l’enjeu politique de représenter des corps gros, assignés femme et racisés dans un monde saturé d’images de personnes blanches et minces.
Pour ce vingt-deuxième épisode, mon invitée est Rizzo Boring, dessinatrice et graveuse. Après une enfance et une adolescence à la campagne, dans une famille où l’art était présent sans être omniprésent, Rizzo s’est rendue à Lyon pour faire des études de sociologie. C’est dans cette ville qu’elle s’est liée au milieu antifasciste et punk, qu’elle s’est intéressée au féminisme et qu’elle a commencé à dessiner et à faire du graphisme. Son rapport à la pratique artistique s’est étoffé au contact du collectif : elle s’est plu à faire des affiches pour les concerts, à créer des autocollants pour des groupes, à écrire des fanzines. Elle a aussi vu cette création d’images comme une manière de combler un vide visuel : en ce début des années 2000, dans le creux de la vague féministe, les représentations militantes étaient denrée rare. Dans ses oeuvres, elle aime parler de sujets qui la touche, notamment le lesbianisme, l’identité butch et le handicap. Nous avons discuté de sa vision du statut de l’artiste dans la société, et de son ambivalence face aux limites de l’expression dans un système capitaliste individualiste. Elle m’a parlé de son handicap et des limites qu’il lui impose dans la création, la douleur l’empêchant de dessiner au rythme qu’elle souhaiterait. Nous avons également évoqué la façon dont elle utilise la bande-dessinée pour raconter des anecdotes qui lui arrivent, et rire des moments difficiles.
Pour vous donner un aperçu de son travail, voici une linogravure sur mouchoir, et son illustration de la couverture de Stone Butch Blues, le roman de Leslie Feinberg.
Pour ce quinzième épisode, mon invitée est Nina Flageul, dessinatrice et art thérapeute. Elle m’a raconté comment son intérêt pour l’art moderne est né par hasard quand elle était petite, au hasard des pages d’un dictionnaire, et l’a menée à s’inscrire à la Sorbonne pour étudier l’Histoire de l’Art à Paris, tout en pratiquant le dessin et la photographie. Mais au bout de deux ans d’études, un burnout l’a poussée à faire une pause, et c’est à ce moment-là qu’elle s’est rendu compte de la valeur qu’avait l’art dans sa reconstruction personnelle. En résonance avec ce parcours, elle a décidé de se lancer dans des études de psychologie afin de devenir art thérapeute. Nous avons aussi discuté de son activité de modèle pour les photographes et les peintres, et de la manière dont cela l’a aidée à voir son corps autrement. Elle m’a parlé de son implication dans le mouvement Body Positive, de sa prise de conscience féministe, et de son activité d’illustratrice – un métier qu’elle aimerait continuer de faire à côté de l’art thérapie.
>je m’excuse pour les bruits vers le milieu du podcast. Il y avait des travaux dans mon immeuble!<
Vous pouvez retrouver Nina sur instagram sous le pseudo @ninaflageul, sur Facebook sur sa page L’imaginerie de Nina, et visiter son site internet www.ninaflageul.com. Pour vous retrouver ses illustrations dans l’ouvrage « Les dessous du plaisir » d’Alexia Bacouël.
Voici deux oeuvres de Nina : une photographie et un dessin !
Pour ce treizième épisode, mon invitée est Anaëlle Goldy, dessinatrice et tatoueuse. Anaëlle m’a parlé de sa pratique du dessin qui lui est restée depuis l’enfance, encouragée par une ambiance familiale propice. Après avoir eu du mal à trouver sa voie durant ses études d’art, elle a pris le chemin de la médiation culturelle et a commencé à travailler dans ce domaine, avant de se rendre compte qu’une vie rythmée par un emploi salarié traditionnel ne lui convenait pas. Elle m’a raconté son besoin d’indépendance qui s’est traduit par un changement vers une voie plus libre d’illustratrice et de tatoueuse. Nous avons parlé de son rapport à son inspiration artistique, de son amour pour la pratique du tatouage, et de ses convictions féministes et militantes. Elle m’a également confié les nombreux projets créatifs qu’elle a sur le feu. J’espère que cet épisode vous plaira. Bonne écoute !