#26 / Maïc Batmane, graphiste et dessinatrice – La puissance de l’image

une citation extraite du podcast

Pour ce vingt-sixième épisode, mon invitée est Maïc Batmane, graphiste et dessinatrice. Son intérêt pour le dessin s’est développé dans l’enfance. Elle a pu étayer cette pratique dans les Ateliers de dessins de sa ville, qui l’ont accompagnée jusqu’à la fin de l’adolescence. Après le lycée, elle a fait deux années de classe préparatoire aux Ecoles d’Art avant d’intégrer l’Ecole des Arts Décoratifs de Paris. Ses années d’études ont été mouvementées, notamment en raison de son intérêt grandissant pour le féminisme et le militantisme queer, qui était peu compris de son entourage scolaire et familial.
Après une courte errance de sortie d’école, elle a eu un premier poste de graphiste salariée, mais le manque de créativité et de diversité des projets ne lui convenait pas. Elle s’est alors lancée en freelance, travaillant pour des associations. Mais au fil des mois, elle s’est rendu compte que sa pratique créative personnelle, qu’elle avait abandonnée durant ses études très prenantes, lui manquait. Elle s’est alors remise à créer, d’abord à travers le collage puis par la sérigraphie, un médium dans lequel elle s’est pleinement épanouie.
Nous avons parlé de son inspiration et de son envie de partager ses oeuvres, stimulée par le désir de partager des images fortes avec d’autres personnes queer qui puissent s’y reconnaître. Elle m’a expliqué le lien entre son histoire familiale et la présence forte d’imagerie religieuse dans ses dessins. Nous avons également discuté de son travail de graphiste, qui lui plaît beaucoup, et de son avis ambivalent sur la précarité du statut de l’artiste dans notre société.

Vous pouvez retrouver Maïc sur instagram sous le pseudo @maic.batmane ou sur son site www.maicbatmane.fr

Pour vous faire découvrir un peu plus son travail, voici quatre de ses oeuvres :

Les Sources > dessin, impression riso 5 couleurs
Familier > dessin aux stylos Bic & Stabilo
I Want to Believe > dessin, impression sérigraphie 1 couleur
Sainte Wilgeforte > dessin, impression sérigraphie 2 couleurs 

En bonus, Maïc vous raconte l’histoire de la Sainte Wilgeforte :

« Wilgeforte est une sainte légendaire de la tradition catholique, également invoquée dans le nord de la France sous le nom de « Sainte Débarras ». Elle fut une sainte très populaire dans certaines régions d’Europe. Récits et représentations la dépeignent sous les traits d’une vierge barbue et crucifiée, alors que la crucifixion était réservée aux hommes. Sa barbe était le résultat de ses prières pour échapper, selon les différentes légendes, au viol collectif, au mariage forcé ou à l’inceste de son père. 
Elle était celle que l’on invoquait, entre autres choses, pour se débarrasser d’un époux ou d’un « mariage malheureux ». Son (sur)nom dans les différentes langues : Débarras, Uncumber (« désencombrer »), Librata, Liberada… évoquent tous l’idée de débarras ou de libération. On sait aujourd’hui que son existence est purement légendaire, et il existe différentes suppositions sur les origines du culte de ce « Christ féminin » vers le 14e siècle, vous pouvez en lire plus à la page que je lui consacre : http://www.maicbatmane.fr/sainte-debarras-sainte-wilgeforte
Sainte Wilgeforte était fêtée le 20 juillet jusqu’à son retrait du martyrologe romain en 1969, l’Église n’ayant jamais encouragé son culte.
Elle est une figure de l’androgynie, du travestissement, et du refus de l’hétérosexualité. »