#22 / Rizzo Boring, dessinatrice et graveuse – Créer pour réunir

une citation extraite du podcast

Pour ce vingt-deuxième épisode, mon invitée est Rizzo Boring, dessinatrice et graveuse. Après une enfance et une adolescence à la campagne, dans une famille où l’art était présent sans être omniprésent, Rizzo s’est rendue à Lyon pour faire des études de sociologie. C’est dans cette ville qu’elle s’est liée au milieu antifasciste et punk, qu’elle s’est intéressée au féminisme et qu’elle a commencé à dessiner et à faire du graphisme. Son rapport à la pratique artistique s’est étoffé au contact du collectif : elle s’est plu à faire des affiches pour les concerts, à créer des autocollants pour des groupes, à écrire des fanzines. Elle a aussi vu cette création d’images comme une manière de combler un vide visuel : en ce début des années 2000, dans le creux de la vague féministe, les représentations militantes étaient denrée rare. Dans ses oeuvres, elle aime parler de sujets qui la touche, notamment le lesbianisme, l’identité butch et le handicap. Nous avons discuté de sa vision du statut de l’artiste dans la société, et de son ambivalence face aux limites de l’expression dans un système capitaliste individualiste. Elle m’a parlé de son handicap et des limites qu’il lui impose dans la création, la douleur l’empêchant de dessiner au rythme qu’elle souhaiterait. Nous avons également évoqué la façon dont elle utilise la bande-dessinée pour raconter des anecdotes qui lui arrivent, et rire des moments difficiles.

Vous pouvez retrouver Rizzo sur instagram sous le pseudo @rizzo_boring et sur son blog www.rizzoboring.wordpress.com.

Pour vous donner un aperçu de son travail, voici une linogravure sur mouchoir, et son illustration de la couverture de Stone Butch Blues, le roman de Leslie Feinberg.

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Auteur : couleursprimaireslepodcast

Bienvenue dans Couleurs Primaires. Dans ce podcast, on explore des parcours d’artistes. Pour moi, un ou une artiste, c’est avant tout une personne qui ressent le besoin de faire de l’art, quelque soit sa forme. Pour d'autres, c’est un mot pompeux ou un qualificatif qu’elles et ils ne se sentent pas légitimes à employer. J’ai envie de dédramatiser ce mot, et je vous invite à écouter des parcours divers, des histoires de vie qui ont ce même point commun, à un moment ou un autre, une passion pour un art, une joie de créer. Ici, on explore ce qui fait qu’on a envie de tenter d’en faire sa carrière, ou plutôt de pratiquer son art pour un cercle restreint, ou même juste pour soi. Ce qui fait qu’on peut finir par être dégoûté.e de créer, et aussi ce qui fait qu’on s’y accroche coûte que coûte.

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